Mécénat de compétences : quel impact sur les associations bénéficiaires ?
L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) a publié une étude analysant les effets du mécénat de compétences sur les associations.
Ce dispositif, institué par la loi « Aillagon » de 2003 (L. n° 2003-709 du 1er août 2003, JO du 2), permet aux entreprises de mettre un de leurs salariés à disposition d’une association d’intérêt général sur son temps de travail. Considéré comme un don en nature, le mécénat de compétences ouvre droit pour l’entreprise à une réduction fiscale à hauteur de 60 % des salaires versés .
Le mécénat de compétences est souvent présenté comme un dispositif « gagnant-gagnant », par lequel l’association bénéficie de nouvelles compétences pour se développer et par lequel l’entreprise offre une ouverture sur l’extérieur à ses salariés tout en valorisant son image. L’analyse proposée par Constance Cheynel et Mathilde Renault-Tinacci révèle pourtant une réalité plus nuancée.
Outre une acculturation aux enjeux associatifs parfois difficile pour les salariés d’entreprise, l’étude montre « un certain décalage entre les offres des entreprises et les besoins opérationnels ou stratégiques exprimés » par les associations, qui « peinent parfois à faire entendre leurs besoins et à adapter les missions de mécénat de compétences à leurs objectifs spécifiques ». Elles se confrontent parfois aux préoccupations des entreprises partenaires, très axées sur leur politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) plus que sur les besoins réels des associations.
Si le mécénat de compétences présente malgré tout des avantages significatifs par l’allégement de la charge de travail des salariés associatifs et par des apports utiles, notamment en matière « d’organisation, de gestion de projet et de management », l’étude conclut qu’il « ne peut remplacer ni un financement pérenne ni la présence durable de professionnels qualifiés au sein des équipes associatives ».
Thomas Giraud