Emploi associatif : la masse d’effectifs ne masque pas les fragilités
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Le secteur associatif français, par ses activités plurielles et son ancrage territorial, représente un vecteur d’emploi considérable. Pour autant, peut-on l’analyser en tant qu’employeur par le seul statut de ses structures ? Les tendances globales seraient-elles révélatrices des disparités sectorielles et de conditions d’emploi variables ?
Ces questions se retrouvent dans la dernière étude publiée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), consacrée à l’emploi associatif en 2024. Malgré des effectifs en nombre, les statistiques montrent ainsi un secteur à la fois très concentré dans le sanitaire et social, plus féminisé et davantage marqué par les formes d’emploi précaires que le reste du secteur privé.
Une croissance qui s’essouffle
Fin 2024, 1,94 million de personnes sont rémunérées par une association. Pour 1,6 million d’entre elles, il s’agit de leur activité principale, ce qui représente 7,9 % des salariés du privé.
Le sanitaire et social domine très largement : 30 % des salariés travaillent dans l’action sociale sans hébergement, 20 % dans l’hébergement médico-social et social et 8 % dans la santé.
Entre 2018 et 2024, l’emploi associatif a progressé de 7,3 %, soit 1,2 % par an en moyenne, contre 1,5 % pour l’ensemble du privé. Les activités sportives, récréatives et de loisirs, ainsi que la santé et les activités liées à l’emploi ont été les plus dynamiques. Mais la tendance s’inverse : l’Injep estime une baisse de 0,7 % entre fin 2024 et fin 2025, particulièrement marquée dans la culture (- 2,6 %) (v. égal. JA 2026, no 733, p. 6).
Des salariés plus souvent femmes, seniors et employés ou professions intermédiaires
Le profil des salariés associatifs se distingue nettement de celui du secteur privé. Les femmes représentent 68 % des effectifs, contre 44 % dans le privé. Les salariés de 55 ans ou plus sont également plus nombreux : 21 %, contre 17 %. L’emploi associatif se caractérise aussi par une forte présence de personnes reconnues en situation de handicap : 11 % des salariés, contre 5 % dans le privé.
Du côté des catégories socioprofessionnelles, les professions intermédiaires et les employés représentent chacun 36 % des effectifs. À l’inverse, les cadres et surtout les ouvriers sont moins présents, même si les écarts varient fortement selon les domaines : la moitié des salariés de la culture sont cadres, tandis que 6 sur 10 sont ouvriers dans les activités liées à l’emploi.
Davantage de contrats courts, de temps partiel et des salaires plus faibles
Les conditions d’emploi restent l’un des principaux marqueurs du secteur. Fin 2024, 31 % des salariés associatifs sont en contrat à durée déterminée (CDD) ou sous des contrats spécifiques, contre 19 % dans le privé. Les emplois aidés représentent 9 % des effectifs, et près d’un tiers des salariés travaillent à temps partiel, contre 17 % dans le privé. Ce temps partiel est plus souvent subi et le sous-emploi concerne 9 % des salariés associatifs, contre 4 % dans le privé.
Sur le plan salarial, l’écart est net : le salaire mensuel moyen en équivalent temps plein (ETP) atteint 2 210 euros net, soit 19 % de moins que dans l’ensemble du privé. La moitié des postes sont rémunérés moins de 1 950 euros net par mois.