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26/02/2026
2 minutes
Financement

Menaces sur l’emploi dans les associations culturelles

Les modèles économiques associatifs ont toujours été soumis aux fluctuations conjoncturelles. Entre l’environnement économique et les situations politiques, les conditions d’exercice de leurs activités nécessitent capacités d’adaptation et de réinvention.

Pourtant, certaines circonstances apparaissent plus difficiles que d’autres, et le secteur associatif est depuis plusieurs années soumis à une fragilité financière durable, notamment attribuée aux évolutions des modalités de financement public. Les associations culturelles sont particulièrement touchées par ce contexte de tension économique. Une étude de l’association Opale consacrée aux associations culturelles employeuses confirme cette situation précaire.

L’emploi, victime des incertitudes

L’enquête a été menée auprès de 977 associations sur la base de données relatives à l’année 2023. Son principal enseignement : une « sortie temporaire ou durable de l’emploi » pour 14 % des associations culturelles recensées en 2019. En d’autres termes, une association employeuse sur sept n’a pas eu les moyens de maintenir ses emplois entre 2019 et 2023. Les structures les plus touchées sont les plus jeunes, les plus petites et les moins professionnalisées, exerçant principalement dans le secteur du spectacle vivant.

Pourtant, l’étude relève que le budget moyen des associations culturelles employeuses a augmenté de 34 % entre 2018 et 2023. L’analyse pousse à pondérer cet indicateur, qui laisse apparaître une embellie en « trompe-l’œil ». En effet, les inégalités budgétaires sont particulièrement marquées entre les associations culturelles, et les hausses de budget concernent principalement des structures de large envergure et reflètent « les effets de traîne de la crise sanitaire », caractérisés par un regain d’activité lié au « rattrapage des productions et programmations ». Un phénomène qui s’est par la suite estompé, pointant ainsi un rebond « d’autant plus illusoire que, en 2025, les associations étudiées ont été confrontées à des baisses drastiques de subventions ».

Baisse de financements et facteurs de fragilité

Cette chute des financements publics représente l’une des principales sources d’inquiétude pour les associations culturelles : pour 61 % d’entre elles, la difficulté à financer le fonctionnement de la structure est la première des préoccupations, et pour 50 %, la diminution de la part des financements publics entraîne des difficultés importantes – cet aspect n’était cité que par 42 % des structures en 2018.

En plus des problématiques strictement budgétaires, 43 % des associations culturelles employeuses évoquent des obstacles liés à la « complexification » ou à la « bureaucratisation » de leur gestion administrative.

Question de compétence territoriale

En parallèle des affaires associatives, les pouvoirs publics émettent des propositions pour structurer leurs actions en matière de culture. Plusieurs organisations représentatives d’élus locaux ont ainsi publié un livre blanc de la décentralisation culturelle.

Si toutes n’ont pas le même avis sur le rôle de chaque échelon territorial, chacune plaide pour le maintien d’une compétence partagée entre les différents niveaux de collectivités, notamment pour faciliter les actions communes et les financements croisés. Seront-elles entendues lors des débats parlementaires sur le futur projet de loi pour un « nouvel acte de décentralisation » ?

Thomas Giraud

Sources