Derrière les enfances cabossées, désormais un avocat
La demande était exprimée de longue date par d’anciens enfants placés, par les professions juridiques et les travailleurs sociaux ou encore les élus. C’est désormais chose faite : à partir du 6 janvier 2027, chaque enfant faisant l’objet d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance bénéficiera du soutien d’un avocat.
Le vote de la proposition de loi est une « avancée historique », saluée unanimement pour l’accompagnement juridique – et humain – des 400 000 mineurs et jeunes majeurs suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE), dont 57 % environ sont placés en foyer ou en famille.
Entendu et défendu. Une faille voulait en effet que mineurs et jeunes majeurs suivis par l’ASE ne soient pas systématiquement consultés lorsqu’il s’agissait de changer leur lieu de placement ou de décider d’une réorientation de leur parcours. Or une telle invisibilisation n’est pas sans conséquences, pour le jeune et pour la société : si aucun « investissement » n’est réalisé sur ces enfants – au-delà du fait de bafouer les principes constitutionnels –, c’est exposer ces enfants à un risque 122 fois plus élevé d’hospitalisation en pédopsychiatrie qu’un enfant issu de la population générale, et les confronter à davantage de précarité et de délinquance.
Une refondation parcellaire de l’ASE. Cette mesure s’inscrit dans un contexte plus vaste, qui est celui de la promesse d’une « refondation » de l’aide sociale à l’enfance faite par Catherine Vautrin, alors ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Initialement, le projet était de tout remettre à plat face à un système à bout de souffle sous l’effet conjugué de l’explosion des mesures de protection et de la crise touchant le travail social. Mais l’actualité marquée par les violences sexuelles sur les enfants a quelque peu rebattu les cartes. Le tout sera désormais de donner un cap et de la cohérence à l’ensemble.
Noélie Coudurier