Bénévolat culturel : comprendre celles et ceux qui s’engagent
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Compilant les données de l’enquête nationale sur l’engagement associatif et les dons (Enead) réalisée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) en 2022, un rapport du ministère de la Culture s’est intéressé aux coulisses du monde associatif culturel afin de comprendre qui sont les bénévoles qui s’y investissent et comment ils le font.
Qui fait vivre les associations culturelles ?
Les bénévoles du secteur associatif culturel partagent, dans les grandes lignes, les mêmes traits que ceux qui s’engagent dans d’autres domaines associatifs. Quelques particularités viennent toutefois les distinguer.
Tout d’abord, leur origine socioprofessionnelle. Le rapport démontre en effet que les retraités, les cadres et les personnes les plus diplômées y sont proportionnellement plus représentés. Il rappelle que, depuis les années 1960, le diplôme représente « la variable clé de l’analyse des pratiques culturelles ». Ainsi, comme l’ont montré les travaux de recherche d’Aurélien Djakouane et Emmanuel Négrier, une personne titulaire d’un diplôme de niveau bac + 5 ou plus a environ deux fois plus de chances d’être bénévole dans la culture qu’une personne moins diplômée (contre 1,65 dans l’ensemble des domaines d’activité).
Ensuite, leur lieu de résidence. Les chiffres démontrent que les bénévoles dans la vie associative culturelle sont un peu plus présents en milieu rural que dans l’ensemble du secteur associatif et un peu moins représentés dans les aires urbaines autres que celle de Paris.
Enfin, le rapport note, de façon amusante, que la présence d’enfants, qui aurait pu affecter les pratiques culturelles, ne change finalement rien dans l’engagement bénévole des parents.
Les moteurs de leur engagement
Grisées par leur participation à une rencontre, un forum ou une projection, beaucoup de personnes séduites par un événement culturel franchissent le pas du bénévolat. Elles y recherchent ainsi de la convivialité et de nouvelles rencontres avec des personnes partageant leurs centres d’intérêt.
S’agissant de l’implication de ces bénévoles, un tiers est engagé dans plusieurs associations culturelles. Petit bémol sur l’assiduité néanmoins, car les bénévoles œuvrant dans une association au moins trois fois par semaine sont proportionnellement moins nombreux dans le secteur culturel. La faute à la saisonnalité de la programmation ? À un manque de fidélisation de la part des associations culturelles ?
Enfin, ces bénévoles occupent principalement des missions liées à l’animation (encadrement d’activités, organisation d’ateliers ou de sorties), moins des tâches administratives ou d’organisation interne. Et, fait notable, la parité femmes-hommes est respectée dans ces tâches d’animation, souvent perçues comme plus gratifiantes.
Noélie Coudurier