Modèle de société : le CESE se pose en gardien du futur temple
À l’occasion de la fin de la mandature 2021-2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié une « résolution transversale » au cœur de laquelle il se questionne sur le modèle de société vers lequel nous devons tendre et les moyens d’y parvenir à horizon 2050.
Constatant les transformations à l’œuvre (sociales, économiques, démocratiques, écologiques, etc.) et exprimant son inquiétude face au monde de demain qui attend la jeunesse d’aujourd’hui, le CESE a mené une réflexion holistique sur les raisons qui doivent nous pousser à réinventer notre modèle de société et sur la manière dont mener ces transitions.
Déplorant les réponses publiques actuelles « souvent fragmentées, défensives ou dictées par l’urgence, [qui] peinent à enrayer ces crises et nourrissent l’insécurité économique et sociale, [et qui] accentuent les inégalités et compromettent notre capacité d’investissement pour le moyen et long terme », le CESE essaie donc ici de rebattre les cartes. Face à une illusion de croissance et de ressources infinies, aux crises économiques, écologiques, géopolitiques, à un endettement endémique, à une mutation numérique qui bouleverse les codes de la création de valeur, à un vieillissement de la population, à une défiance démocratique et un affaiblissement de la cohésion sociale, le Conseil appelle de ses vœux une « transformation profonde de nos conditions de vie collective ».
Pour transformer les contraintes en ressort de progrès, il identifie plusieurs principes fondateurs, comme permettre à chacun de vivre dignement de son travail, garantir un haut niveau de protection sociale et de solidarité réelles, intégrer les limites planétaires, les enjeux de transformation du climat et de la perte de la biodiversité, préserver un régime démocratique en laissant leur place aux acteurs de la société civile et participer à maintenir la paix dans le monde dans le respect de la charte des Nations unies et du droit international.
Pour rester maîtres de notre avenir, le CESE appelle les pouvoirs publics et les citoyennes et citoyens à agir dès à présent. Il invite notamment à restaurer la cohésion et la légitimité, à intégrer les contraintes, à financer, tout cela en utilisant des modes démocratiques.
En tant qu’« assemblée du temps long », le CESE termine en rappelant que « ne pas choisir, c’est laisser les contraintes décider à notre place ». Et invite au courage.
Noélie Coudurier