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02/03/2026
2 minutes
Rapports et études

Social et médico-social : bronca sur l’attractivité des métiers et la qualité de vie au travail

Trois rapports – rendus en février et mars 2025 – mais publiés seulement le 6 février dernier, viennent de faire l’effet d’une bombe dans les secteurs de la santé, du social et du médico-social. Sur demande de l’ancienne ministre des Solidarités, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a sondé l’attractivité des métiers au sein des filières, ainsi que les risques professionnels qui prospèrent. Et rendu des conclusions sans appel.

Des mesurettes aux effets insuffisants

Malgré certains efforts ces dernières années (création de la branche autonomie en 2021, concours de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, visant à rendre attractifs les métiers, etc.), les avancées sont peu probantes. L’IGAS déplore des interventions « en ordre dispersé » qui traduisent un manque de prospective et de coordination. Par conséquent, les filières pâtissent d’un total manque de stratégie de gestion des ressources humaines.

Sur le terrain, les constats ne sont pas plus réjouissants. On ne compte plus les fermetures de lits en Ehpad, les plans d’aide Allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui n’ont pas été exécutés, les établissements qui sont inadaptés pour les personnes handicapées, etc.

Quant aux conditions de travail, les accidents sont ici 2,5 fois plus nombreux que la moyenne nationale, l’absentéisme est fort, et le turn-over important. Et ceci malgré le Fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle (FIPU).

Un plan d’attaque pour tenter de redresser la barre

Sans détour, l’IGAS recommande avant toute chose l’injection massive de personnel. Mais cela ne peut se faire sans une réflexion sur la formation initiale et un financement solide de la formation continue.

Une exhortation qui s’accompagne de la construction d’un outil national de suivi des tensions en matière de ressources humaines pour flécher les besoins prioritaires et recruter en conséquence. Et d’un soutien à la transformation organisationnelle et managériale, notamment via l’autonomisation des équipes de travail, la transformation de l’accompagnement guidée par le respect du rythme des personnes, etc.

Ensuite, pour pallier la sinistralité dans le médico-social, l’un des rapports préconise l’injection de 300 millions d’euros par an entre 2026 et 2030. L’accent est donné à la prévention des risques, placée « aux fondements du soutien public à la qualité de vie et aux conditions de travail ». La stratégie qui est recommandée par l’IGAS devra ainsi s’intéresser à la fois à la gouvernance, mais aussi au financement et à l’équipement, et à la formation jusqu’en 2030. Et pourra compter sur la création d’un organisme dédié à la prévention des risques médico-sociaux.

Pour financer ces mesures, l’IGAS suggère de solliciter plusieurs entrées financières : l’augmentation des moyens du FIPU à hauteur de 30 millions d’euros, la création et le financement du Fonds de prévention de l’usure professionnelle des établissements de santé et des ESMS à destination des établissements publics, la création d’appels à manifestation d’intérêt pilotés par les Agences régionales de santé et la mobilisation du fonds de lutte contre la sinistralité, en augmentant sa dotation de 5 millions d’euros.

La mission termine toutefois en soulignant qu’il manquera encore entre 5 et 20 millions d’euros par an pour finaliser le financement d’ensemble.

Noélie Coudurier

Sources