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Civique parce que volontaire, par Yannick Blanc ? Haut-commissaire à l’engagement civique depuis juin 2016 - 23/03/2017



Le succès grandissant du service civique (53 000 volontaires en 2015, près de 100 000 en 2016) et son image positive auprès de 90 % des jeunes (IFOP/Agence du service civique, « Baromètre connaissance, représentations et potentiel d’attractivité du service civique », 2e éd., nov. 2016, JA no 552/2017, p. 9) incitent certains responsables politiques à prôner l’instauration d’un service civique obligatoire. Paradoxalement, les jeunes eux-mêmes y sont majoritairement favorables (sondage Odoxa pour iTélé et Le Parisien, 30 janv. 2015). Pourtant, 67 % des jeunes en âge de s’engager se déclarent intéressés et prêts à s’engager en service civique tel qu’il existe aujourd’hui : un engagement volontaire (soit 7 points de plus qu’en 2015). Il y a derrière l’idée d’obligation une aspiration légitime, mais aussi un malentendu profond sur ce qui fait le succès du service civique. Ce qui est légitime, et ce que confirme l’expérience des 200 000 jeunes qui ont effectué un service civique depuis 2010, c’est de considérer qu’une période d’engagement de six à douze mois dans une mission d’intérêt général placée sous l’égide des valeurs de la République devrait être une étape obligée dans tout parcours de formation.

Contrairement à ce qu’était jadis le service militaire, cette étape n’est nullement considérée par les jeunes comme un sacrifice ou une simple parenthèse, mais comme un moment clé de leur orientation et de leur formation. Ils y voient à la fois une expérience d’engagement au service de la société – « être utile et se sentir utile » est la définition qu’un groupe de jeunes volontaires m’a donnée de l’engagement – et une première expérience dans un univers professionnel, un précieux sésame pour entrer sur le marché du travail. Comme l’ont montré en leur temps les enquêtes de la Fonda et de France Bénévolat sur l’engagement bénévole des jeunes, l’engagement civique n’est donc pas sans contrepartie : il permet au jeune d’élargir sa surface sociale, d’acquérir une première expérience de vie active, de vérifier ou de remettre en cause son orientation professionnelle.

Le volontariat est au cœur de cette expérience. Il permet au jeune de choisir le moment, l’enjeu, le thème de son engagement et d’assumer ce choix. La relation qu’il établit avec l’organisme public ou associatif qui l’accueille ne repose pas sur un lien de subordination mais sur un engagement réciproque, un échange de dons. Contrairement à tout ce qu’il a vécu dans son parcours scolaire, réussi ou non, on ne demande pas au jeune de prouver ce qu’il a acquis ou de se conformer à un modèle, mais de donner le maximum de ce qu’il est et de ce qu’il peut faire. Ce qui s’établit alors et qui n’a pas de prix est tout simplement une relation de confiance. Les témoignages des jeunes volontaires et de ceux qui les accueillent sont unanimes : le service civique est pour le jeune un moment de découverte de soi-même et des autres ; ceux qui l’accueillent s’émerveillent de ce que la présence des jeunes leur apporte de neuf.

Obligatoire, non. Universel, oui. Pourquoi voulons-nous un service civique universel ? Parce que nous voulons former des citoyens qui s’engagent au service de la communauté nationale pour la faire vivre et pour la défendre, parce que nous avons besoin de citoyens libres, capables d’initiative et de responsabilité dans leur relation à autrui et dans leur participation à l’action collective. Seul l’engagement volontaire peut être le point de départ de cette école. Et plutôt que de fixer une nouvelle obligation s’ajoutant à la pyramide des normes que nous trouvons déjà asphyxiante, faisons du service civique universel le but d’un engagement collectif. Nous pourrions ainsi retrouver, toutes générations confondues, le chemin du faire ensemble.


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