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Engagement bénévole et citoyen : des jeunes au cœur de l’action, par Dominique Thierry, Président d’honneur de France Bénévolat depuis 2015 - 29/11/2018



En 2008, France Bénévolat avait publié une étude sur l’engagement bénévole des jeunes en affirmant qu’il s’agissait là de la « priorité des priorités ». Y étaient identifiés les premiers signes des spécificités sociologiques de leur engagement. 10 ans plus tard, une nouvelle étude montre que ces tendances se sont largement confirmées, voire accélérées. Par ailleurs, grâce aux trois enquêtes que nous avons menées avec l’IFOP, en partenariat avec Recherches & Solidarités et le Crédit mutuel en 2010, 2013 et 2016, nous savons que la progression de l’engagement associatif en France repose sur les jeunes : 3 340 000 jeunes de moins de 35 ans étaient engagés bénévolement dans les associations en 2016, contre 2 500 000 en 2010.

Du bénévolat d’action plutôt que du bénévolat de projet. Aujourd’hui, les jeunes croient à la famille et à la solidarité de proximité, et non plus aux institutions – gare alors aux associations qui seront perçues comme telles et donc rejetées de la même façon ! La famille et la solidarité sont ici des références de proximité. Pour les jeunes, il ne s’agit pas de « changer le monde », mais de le rendre le plus vivable possible à leur niveau. Corollaire de ce point : les jeunes préfèrent les actions concrètes. Cette évolution est considérablement accentuée par la révolution numérique. Deux conséquences lourdes en découlent : le renforcement de la culture de l’immédiateté sans projection dans l’avenir et la préférence pour le bénévolat direct ou des collectifs éphémères, sans passer par des projets associatifs institués. Si l’on reprend la très belle expression du philosophe Abdennour Bidar extraite de son ouvrage Les Tisserands, la grande question sera de savoir comment relier « des tisserands » de plus en plus nombreux, mais dispersés et hors structures. De plus, si les associations raisonnent encore en termes de « missions individuelles », proches de postes de travail, les jeunes raisonnent, eux, en termes de « projets collectifs » : il y a là une vraie révolution culturelle à accomplir, à peine amorcée.

Des jeunes pas toujours bien intégrés dans les associations. Le clivage entre jeunes et associations est d’abord lié à des représentations. Auprès de jeunes en plus ou moins grande déshérence sociale, tout discours sur l’engagement, même selon des pédagogies adaptées, est sans effet, voire contre-productif car « moral ». Parfois même, ils entendent que pour trouver du travail, il faut d’abord travailler gratuitement. Les tentatives de collectivités territoriales de rendre le bénévolat plus ou moins obligatoire ne facilitent pas la présentation de l’engagement comme un acte totalement libre. Pour ces populations en grande difficulté, il faut d’abord qu’elles acceptent d’être aidées, puis qu’elles reconnaissent qu’elles ont été aidées, avant de faire le même geste en retour. En outre, au-delà de la reconnaissance des compétences expérientielles, avant une éventuelle validation, la remise solennelle du Passeport Bénévole®, même quand les compétences développées sont objectivement limitées, a des impacts psychosociaux forts.

Quelques conclusions majeures peuvent ainsi être retenues :
– la présentation aux jeunes de projets concrets sera plus porteuse qu’une promotion « classique » de l’engagement ;
– des choix stratégiques doivent être effectués pour renforcer l’efficience des dispositifs : tous les moyens sont bons, mais tous les moyens n’ont pas le même impact ;
– le poids et la place de l’école doivent être pris en compte pour favoriser une éducation à l’engagement dans notre société ;
– les démarches intergénérationnelles sont à privilégier.


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