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Renouons avec des politiques ambitieuses pour éradiquer la pauvreté ! par Christophe Devys, Président du Collectif Alerte depuis janvier 2019 - 01/12/2021



Depuis la Libération, le taux de pauvreté – entendu comme la part des personnes dont le revenu est inférieur à 60 % du revenu médian – n’a cessé de diminuer… jusqu’en 2003. À cette date, il était de 12,5 %, contre encore 18 % en 1970.

Durant près de 60 ans, la réduction de la pauvreté – voire, à terme, son éradication – était un objectif évident pour les politiques publiques, au même titre que l’éducation, la justice ou la culture ; un objectif consensuel, partagé par les gouvernements de droite comme de gauche. Les grandes figures, comme l’abbé Pierre, le père Joseph Wresinski ou encore Geneviève de Gaulle-Anthonioz, étaient parvenues à imposer dans le discours commun l’idée qu’être pauvre n’était ni un choix, ni le résultat d’un manque de courage ou de volonté, mais bien le fruit de déterminants économiques et sociaux qui dépassent les personnes ; l’idée que personne ne se satisfaisait d’être pauvre et de vivre durablement avec un revenu minimum comme aujourd’hui le revenu de solidarité active (RSA). Partant de l’expérience même de ceux qui vivent la pauvreté – en opposition avec la vision qui avait inspiré les politiques sociales du XIXe siècle et du début du XXe –, elles ont pensé en termes de droits, garantis par la loi, qui permettent à moyen et long terme de sortir de la pauvreté.

Depuis 2004, ce mouvement de baisse de la pauvreté s’est enrayé. Le taux de pauvreté a sensiblement augmenté avec la crise de 2008 et n’a alors plus véritablement baissé ; il est aujourd’hui de l’ordre de 14,6 %. En particulier, la situation monétaire des allocataires du RSA n’a, fin 2021, pas changé d’un iota par rapport à celle que nous connaissions en 2017. Certes, après les alertes relayées par les associations sur l’impact de la crise sanitaire sur les plus démunis de nos concitoyens, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures ponctuelles (augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, aides ponctuelles versées aux allocataires du RSA en mai et novembre 2020, etc.) pour soutenir le pouvoir d’achat de cette catégorie sociale. Ces aides ponctuelles ont atteint leur objectif puisque le taux de pauvreté en 2020 semble n’avoir pas augmenté par rapport au niveau de 2019.

Mais l’on est très loin d’une véritable ambition de lutte contre la pauvreté. À un moment où tous les Français ont vu, au plus fort de la crise sanitaire, les difficultés des plus pauvres et ont pu comprendre notamment la situation des jeunes précaires, il aurait été courageux, et en même temps facile à expliquer, d’améliorer leur situation – par exemple, par une revalorisation substantielle du montant du RSA –, et en particulier celle des jeunes, par la création d’un droit à un accompagnement et à une allocation du niveau du RSA ouvert notamment à tous les jeunes sans emploi et sans formation (les NEET). Sur cette question, le revenu d’engagement n’est qu’une pâle copie de ce qui avait été envisagé.

La lutte contre la pauvreté ne peut se contenter de mesures ponctuelles : ce n’est ni respectueux pour les personnes, ni efficace à moyen et long terme. C’est une véritable ambition qu’il nous faut retrouver, celle de nos parents et grands-parents ; il nous faut renouer avec l’élan qui avait conduit la classe politique, en lien étroit avec le monde associatif, à tailler des croupières à la pauvreté. Tous ceux qui, en 1988, ont voté unanimement la création d’un revenu minimum d’insertion seraient catastrophés en constatant notre manque de volontarisme en la matière.


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