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Réfugiés ukrainiens : entre accueil citoyen et planification, les associations à la manœuvre, par Jean-François Ploquin, de Forum réfugiés-Cosi - 16/05/2022



Avec près de 64 000 personnes bénéficiaires, au 20 avril 2022, de l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) au titre de la protection temporaire, la France apporte modestement sa part à l’accueil des 5 millions de réfugiés ukrainiens ayant dû fuir leur pays depuis la guerre déclenchée par la Russie le 24 février dernier. Les raisons en sont notamment sa position géographique ainsi que le nombre modeste (15 000 environ) d’Ukrainiens présents en France avant la guerre. Pour autant, ce nombre aurait suffi à mettre en péril les 100 000 places d’un dispositif national d’accueil qui ne parvient à héberger, bon an mal an, qu’un peu plus d’un demandeur d’asile sur deux.

Le choix fait par l’Union européenne d’activer la directive européenne du 20 juillet 2001 sur la protection temporaire (dir. 2001/55/CE) a conduit le gouvernement français à faire le pari de construire, quasi ex nihilo, un dispositif d’accueil parallèle, à la fois pour ménager le système d’asile « ordinaire » et pour tenir compte de la spécificité de ce statut – délivrance immédiate d’une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler, sans passer par le parcours de la demande d’asile (JA 2022, no 657, p. 7 ; JA 2022, no 658, p. 8).

Dès lors, une course s’est enclenchée pour créer les capacités permettant d’héberger 100 000 personnes – objectif affiché par le ministre de l’Intérieur à la mi-mars. Comment faire dans un pays où la difficulté d’accéder à l’hébergement et au logement est connue de tous ? Sous le pilotage des préfets et des directions départementales en charge de la cohésion sociale, mais aussi de manière spontanée au sein de la société civile, trois réponses ont été élaborées : l’hébergement chez l’habitant, l’hébergement collectif dans des sites d’accueil temporaires ou plus durables, et le logement mis à disposition par des collectivités territoriales, des bailleurs ou des associations. Au 21 avril 2022, 88 000 places avaient été mobilisées, occupées à hauteur d’un tiers.

Entre improvisation « citoyenne » et planification administrative, le rôle des associations est à la jointure, apportant aux services de l’État, et aux côtés des autres acteurs, leur capacité à agir dans l’urgence comme à inscrire l’accompagnement dans la durée. Premier accueil avant le passage en préfecture, ouverture de gymnases, de places hôtelières ou de centres d’accueil, mise en place d’un accompagnement social des réfugiés hébergés chez l’habitant en s’adossant à un cadre tripartite accueillant-accueilli-accompagnant : selon leurs implantations, leurs mandats et leurs possibilités, les associations ont fortement contribué à construire des réponses, immédiates ou à moyen-long terme.

S’il est trop tôt pour esquisser un bilan, deux constats au moins ont déjà surgi. Le premier : du démantèlement des campements de Calais en 2015 à l’accueil des Afghans en septembre 2021 puis des Ukrainiens depuis mars 2022, notre pays peine à se doter d’un système capable d’absorber autrement qu’en mode de gestion de crise les sollicitations récurrentes d’un environnement international instable. Le second : pour l’accueil des Ukrainiens, les pouvoirs publics ont innové – par exemple, en créant des centres d’accueil rassemblant jusqu’à une dizaine d’organismes sur le même site. En matière d’accès aux soins, le bon sens a prévalu en faisant exception au délai de carence de trois mois imposé depuis décembre 2019 aux demandeurs d’asile primo-arrivants avant d’accéder à la protection maladie. Lorsque viendra le temps de l’évaluation, il sera opportun de tirer parti des « bonnes pratiques » pour les étendre le plus possible à l’ensemble du système français d’accueil des réfugiés, toutes nationalités confondues.


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